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Le travail photographique d'Hélène Marcoz est en rapport avec le regard dans tous ses degrés. Il y a la vision et la prise de vue, le regard du regardeur, le regardé et le regard du voy (age) eur, en temps et en heure sur la chose vue. Francis Ponge a ainsi décomposé ce mouvement : "en voyage, voir est venu, et il s'en est fallu de peu, sans doute, pour que voyager fût dit de l'action même de voir."

L'intention d'Hélène Marcoz est peut-être de faire éclore le croisement de toutes les directions de regard. Elle tente de saisir et de matérialiser la distance entre celui qui regarde et l'objet considéré, entre l'intérieur et l'extérieur, la visée et l'invisible, l'inobservable à l'oeil nu. "Tout ce qui existe est situé" a dit Max Jacob, et tout est question, de tout temps et en tout lieu, de point de vue.

Souvenons-nous aussi de l'axiome de Lewis Carroll : "deux personnes qui partagent le même point de vue, peuvent en avoir un autre" et prenons la mesure de la complexité savante et de la subtilité de la quête entreprise par Hélène Marcoz : la poursuite de "l'infini contingent" et sa capture avant fixation. Tout se passe ici avec l'exactitude qui préside aux gestes méticuleux empruntés à la chasse aux papillons. Si nous sommes ici, c'est pour partir.

 
Sylvie Laurent-Sauvage
Maire-Adjoint chargée de la culture à la mairie de Périgueux
2004