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Hélène
Marcoz prélève dans l'espace urbain des signes visuels propres
aux métropoles. Elle confronte ainsi dans la galerie, des plans
de ville "Cartes
à gratter" et deux photographies panoramiques
"Le café
de la Paix" et "Le
métro".
Placées en vis-à-vis, les deux installations photographiques
se répondent et évoquent la vie ordinaire, en proie au rythme
effréné des grandes villes, dans divers lieux publics.
A première vue, rien de très spectaculaire ne transparaît
dans ces photographies car elles n'ajoutent rien au monde mais le réinvestissent
par des écarts sensibles. Le dispositif séquentiel des images
en est un indice; il introduit "une durée" propre au
cinéma. L'instant, cette limite abstraite et conceptuelle propre
à la photo, est ainsi rejoué dans l'image par plans successifs,
comme pour donner "du temps au temps". De légers décalages
de plan perturbent la continuité de l'image car l'artiste laisse
à l'environnement le soin d'évoluer entre chaque prise de
vues. Ces légères désynchronisations donnent forme
à une réalité troublante.
Les sérigraphies sur carte combinent la notion de découverte
d'une ville et de jeu à gratter. Hélène "gratte"
sur une surface, enduite d'encre sérigraphique argentée,
les trajets qu'elle a effectués dans des villes. Le plan de ville
enfoui sous la pellicule ressurgit ainsi partiellement en mémoire
des parcours quotidiens, insignifiants, noyés dans l'anonymat des
grandes villes. Le geste d'Hélène actualise ainsi une disparition
et fait valoir la nécessité d'un regard subjectif.
"si j'étais le point de vue" questionne notre
perception du réel. Comment avoir une image cohérente du
monde alors qu'il est multiple, complexe, traversé par une infinité
de réseaux et de mixages en tous genres ?
Nathalie
Sécardin
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